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Historique du lieu 

Le bâtiment occupé par le Centre de la Marionnette de la Fédération Wallonie-Bruxelles dont fait partie le Musée des arts de la Marionnette, était jusqu’il y a quelques années, la résidence de la famille Peeters depuis près de 100 ans. Néanmoins, le site connaît une histoire bien antérieure à celle du bâtiment, étant tantôt un lieu de culte, de veille et de combat…

Un lieu chargé d’histoire...

  • Au temps de la première enceinte médiévale

La 1ère enceinte médiévale, datant des XIe et XIIIe siècles, longeait le flanc ouest du site depuis la tour Saint-Georges jusqu’à la Porte Prime sur la rue Saint-Martin. En 1213, ce lieu fut pris d’assaut à trois reprises par le Comte de Flandre, Ferrand de Portugal, lors du siège de Tournai. Cette première enceinte médiévale perdit sa fonction défensive au profit de la grande enceinte communale construite à la fin du XIIIe et début du XIVe siècle. La première enceinte n’en perdit toutefois pas son utilité. Certaines salles furent réaffectées en prison ou en résidences d’officiels. Le fossé jouxtant la tour Saint-Georges fut réquisitionné par le serment des arbalétriers qui s’en servit comme champ de tir. Le saint patron de cette compagnie, Saint-Georges, laissa par la suite son nom à cette tour qui apparaît comme la plus élaborée techniquement de cette première enceinte médiévale.

  • Au temps du couvent

Par la suite, le domaine a peut-être servi d’extension à l’hôpital Saint-Nicolas, fondé en 1408 mais les informations restent très lacunaires sur ce sujet. Quoi qu’il en soit, en 1613, les religieuses de Notre-Dame de Sion s’installent sur le domaine qui, à cette époque, appartient avec certitude à l’hôpital Saint-Nicolas. Ce couvent avait pour mission d’instruire les pensionnaires et de réintégrer les jeunes en marge de la société. Les religieuses étaient vêtues de blanc, d’une ceinture de cuir et portaient un chapeau de paille lors de leur sortie dans le monde extérieur.
Le couvent était constitué de bâtiments d’une grande ampleur. Un quadrilatère de bâtiments entourait le jardin-cloître dans lequel se dressait la chapelle. Un autre quadrilatère de bâtiments de moindre importance s’articulait au premier et englobait l’arrière de la tour Saint-Georges et sa courtine (rempart reliant deux bastions).

Au XIXe siècle, un éboulement des terres et du mur d’enceinte mit à jour une quinzaine de sépultures de religieuses.

En 1782-1783, Joseph II mit en place des réformes qui aboutirent, entre autres, à la suppression d’un certain nombre de couvents, principalement des ordres contemplatifs jugés inutiles.
Les religieuses de Sion se virent confisquer leur bien et le domaine perdit sa fonction religieuse.

  • Au temps de la demeure familiale

Jacques Duvivier, un citoyen, acheta la propriété en 1803. À l’époque, les bâtiments du couvent étaient très dégradés et à l’état de ruines à certains endroits. C’est sur les soubassements du flanc sud jouxtant la chapelle qui abritait le réfectoire et la pharmacie du couvent que Jacques Duvivier fit construire la demeure actuelle. Le jardin fut bâti sur les ruines du couvent, ce qui explique son niveau anormalement élevé par rapport au quartier.

Le bâtiment, avec ses cariatides, ses masques soutenant les cintres moulurés des fenêtres et les nombreux décors intérieurs en forme de rosace, de palmette et de losange oblong, est un très bel exemple du style néo-classique apparu dans nos régions sous l’Empire. Le style néo-classique, apparu en Angleterre et en France au XVIIIe siècle, est d’ailleurs connu à Tournai sous l’appellation  style Empire. L’intérieur du bâtiment est également remarquable grâce à la rotonde centrale surmontée d’une coupole à lanterneau, d’un escalier hélicoïdal et de quelques éléments néo-gothiques comme les fenêtres en ogive.
L’architecte de ce bâtiment pourrait être Bruno Renard, spécialiste du style néo-classique, ou son élève Alexandre Decraene. Néanmoins, aucun document n’attribue avec certitude la paternité de ce bâtiment à l’un ou à l’autre. 

La demeure, dans cette configuration initiale, passa entre plusieurs mains avant d’arriver dans celles du banquier Delecourt, en 1827, qui y installa ses bureaux. Il modifia l’aspect du domaine en construisant la cour, les écuries et les garages. Il fit également agrandir le jardin.

Charles-Louis Peeters acquiert la propriété en 1852. Sa descendance fit construire l’annexe sur véranda qui jouxte le bâtiment principal et le relie aux dépendances. L’occupation de la demeure reste familiale jusqu’en 1945, date à laquelle Monseigneur Carton de Wiart, sur la permission de Mademoiselle Peeters, installe son évêché et ses services. Au rez-de-chaussée, l’évêque aménage son bureau, un parloir, une salle de réunion, le petit salon rond et un grand salon empire. Il installe ses appartements privés à l’étage. Monseigneur Carton de Wiart y décède en 1948. Son successeur, Monseigneur Himme, s’y installe à la fin de l’année.

  • Au temps du Créa-Théâtre

Ensuite, la ville de Tournai rachète le site au départ de la famille Peeters pour les Etats-Unis. Après plusieurs projets non aboutis comme l’installation d’un hôtel, le bâtiment sert de dépôt pour le Musée d’Armes.
Quelques années plus tard, à l’invitation de la Maison de la Culture, la ville de Tournai propose au Créa-Théâtre d’installer ses locaux sur le site et d’y créer le Centre de la Marionnette. Le Créa-Théâtre occupe le bâtiment en septembre 1986, donnant ainsi l’opportunité à cette demeure restée longtemps inhabitée, de revivre et de trouver une nouvelle fonction. De nombreux travaux furent nécessaires pour permettre l’occupation des bâtiments.

La demeure Peeters, dont la toiture, la façade principale et les écuries sont classées, fut en partie rénovée en 2001.